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Guide des praticiens de santé

Ce que vous pouvez proposer : analyse lifestyle ou analyse génétique médicale

Vérifié par Dr Daniel Wallerstorfer, biologiste moléculaire et fondateur de Novogenia · Mis à jour le 15 octobre 2026 · Temps de lecture : 11 min

En bref

Le fait que vous puissiez proposer une analyse génétique dépend de sa finalité. En tant que partenaire, vous pouvez proposer des analyses lifestyle portant sur la nutrition, le poids, le sport et la performance, le stress et la peau – dans le respect des règles de votre pays et de votre profession. Les analyses médicales relèvent des médecins partout où la loi l’exige : en Allemagne, seuls les médecins peuvent réaliser des examens génétiques diagnostiques (§ 7 GenDG) – les Heilpraktiker ne le peuvent pas. En Autriche, la pharmacogénétique est le seul test médical que la loi autorise sans médecin ; c’est votre droit professionnel qui détermine si votre profession peut le proposer. La Suisse réglemente aussi les analyses lifestyle : seules les professions énumérées à l’art. 40 OAGH peuvent les prescrire, et le prélèvement a lieu en leur présence.

Deux catalogues, une limite claire

Novogenia propose deux types d’analyses génétiques. Le premier couvre la nutrition, le poids, le sport et la performance, le stress et la peau. Le second porte sur des thèmes comme les prédispositions aux maladies cardiovasculaires ou les facteurs de coagulation. Pour le laboratoire, le parcours est similaire : un échantillon de salive, une analyse, un rapport. Sur le plan juridique, une limite claire les sépare. Les partenaires peuvent proposer le premier groupe. Le second se compose d’analyses génétiques médicales – et celles-ci ne sont disponibles que par l’intermédiaire de médecins.

Ce qui les distingue, ce n’est pas la technique, mais la finalité. Imaginez un interrupteur : le même échantillon de salive peut être placé sur « lifestyle » ou sur « médecine » – selon la question à laquelle l’analyse doit répondre. Dès que l’interrupteur est placé sur médecine, la réserve médicale, les obligations d’information et le conseil génétique s’appliquent. Cet article vous montre où se trouve cet interrupteur en Allemagne, en Autriche et en Suisse, et ce que cela signifie pour votre profession. Il vous donne des repères, mais ne remplace pas un conseil juridique dans un cas particulier. Vous trouverez la comparaison détaillée par pays dans le Guide de la nutrigénétique, sous Qui peut proposer des tests génétiques ?

Lifestyle ou médecine : comment faire la différence

QuestionAnalyse lifestyleAnalyse médicale
Ce qu’elle clarifiecomment l’organisme transforme les nutriments, réagit à l’entraînement ou gère le stressune maladie, un trouble de la santé, un risque de maladie ou l’effet de médicaments
Thèmesnutrition, poids, sport et performance, stress, peaupar exemple prédisposition cardiovasculaire ou facteurs de coagulation ; pharmacogénétique
Qui la proposevous, en tant que partenaire, dans le respect des règles de votre pays et de votre professionpartout où la loi l’exige, uniquement des médecins
Qui l’interprèteNovogeniades médecins
Kit de prélèvementproduit non médicaldispositif médical

Avant chaque analyse, posez-vous donc la question : que doit-elle clarifier ? « À quelle vitesse mon organisme dégrade-t-il la caféine ? » est une question lifestyle. « Pourquoi mon cœur s’emballe-t-il ? » est une question médicale – quels que soient les gènes que le laboratoire lit pour y répondre.

Allemagne : réserve médicale et art de guérir

La loi allemande sur le diagnostic génétique (Gendiagnostikgesetz, GenDG) trace la limite au niveau de la finalité médicale. Un examen génétique est diagnostique lorsqu’il vise notamment à clarifier une maladie ou un trouble de la santé existants, ou à déterminer si sont présentes des caractéristiques génétiques qui, en association avec des facteurs externes, peuvent déclencher une maladie ou un trouble de la santé ou influencer l’effet d’un médicament (§ 3, point 7, GenDG). Seuls les médecins peuvent réaliser de tels examens, et seuls les médecins spécialistes en génétique humaine ou les médecins disposant d’une qualification appropriée peuvent réaliser des examens prédictifs (§ 7, alinéa 1, GenDG).

Pour les professionnels de santé qui ne sont pas médecins, une deuxième loi s’applique : la loi allemande sur les Heilpraktiker (Heilpraktikergesetz, HeilprG). Selon cette loi, l’exercice de l’art de guérir (Heilkunde) désigne toute activité exercée à titre professionnel ou commercial visant à diagnostiquer, guérir ou soulager des maladies, des souffrances ou des lésions corporelles chez l’être humain (§ 1, alinéa 2, HeilprG). Quiconque veut l’exercer sans être autorisé à exercer comme médecin a besoin d’une autorisation (§ 1, alinéa 1) ; l’exercer sans autorisation constitue une infraction pénale (§ 5 HeilprG). Ce que cela signifie pour vous :

Le champ d’application de la GenDG ne mentionne pas les analyses lifestyle sans finalité médicale (§ 2, alinéa 1). La page de Novogenia Qui peut réaliser quoi ? le résume : les analyses génétiques qui ne se prononcent pas sur des maladies ou des risques de maladie peuvent aussi être proposées par des nutritionnistes, des coachs sportifs ou des praticiens de médecines alternatives.

Autriche : loi sur le génie génétique et réserve médicale

La loi autrichienne sur le génie génétique (Gentechnikgesetz, GTG) couvre les analyses génétiques qui permettent de se prononcer sur un statut de porteur, un risque de maladie, une maladie existante ou l’évolution d’une maladie ou d’une thérapie (§ 4, point 23). Les analyses de prédispositions à des maladies ne peuvent être réalisées que sur prescription d’un médecin spécialiste (§ 68, alinéa 1, GTG). Les analyses lifestyle qui ne permettent aucune de ces affirmations ne relèvent pas de cette définition.

La loi sur les médecins est au moins aussi importante pour vous. Elle range notamment dans l’exercice de la médecine l’examen visant à détecter des maladies, leur traitement, la prévention des maladies et la prescription de médicaments (§ 2, alinéa 2, de la loi autrichienne sur les médecins (Ärztegesetz 1998)). L’exercice autonome de ces activités est réservé aux médecins (§ 3, alinéa 1, Ärztegesetz 1998). Pour votre conseil lifestyle, cela signifie : parlez de nutrition, d’entraînement et de bien-être – pas de prévention des maladies.

Pharmacogénétique : en Autriche, c’est le seul test médical que la loi autorise sans médecin – les partenaires peuvent la proposer dans ce pays. C’est toutefois votre droit professionnel qui détermine si votre profession peut le faire. Et la prescription de médicaments reste une tâche médicale : vous ne recommandez pas d’arrêter un médicament, d’en changer ou d’en modifier la dose, mais vous orientez votre client vers le médecin traitant. Tout ce qu’il faut savoir figure dans le Guide de la pharmacogénétique.

La profession de Heilpraktiker n’existe pas en Autriche (pour en savoir plus : Pour les Heilpraktiker et naturopathes). La façon dont les règles autrichiennes s’appliquent aux différentes professions est examinée dans Autriche et Suisse : des règles différentes.

Suisse : même le lifestyle exige le bon professionnel

La Suisse va encore plus loin. La loi fédérale sur l’analyse génétique humaine (LAGH, en allemand GUMG) réglemente expressément aussi les analyses génétiques en dehors du domaine médical, par exemple celles qui portent sur des caractéristiques physiologiques dont la connaissance peut avoir une influence sur le mode de vie (art. 31, al. 1). Selon son ordonnance d’exécution (OAGH, en allemand GUMV), il s’agit en particulier de l’alimentation, de l’activité sportive et du bien-être général (art. 37, al. 1). Pour ces analyses :

Qui peut faire quoi ? Les quatre professions en un coup d’œil

ProfessionAllemagneAutricheSuisse
Heilpraktiker / naturopatheanalyses lifestyle : oui ; analyses génétiques médicales : non, malgré l’autorisation de Heilpraktiker (§ 7 GenDG)la profession ne peut pas être exercéeabsent de l’art. 40 OAGH : uniquement en collaboration avec un professionnel figurant sur la liste
Conseil nutritionnel et diététiqueanalyses lifestyle : oui ; pas d’exercice de l’art de guérir sans autorisationanalyses lifestyle dans le cadre de votre droit professionnelles diététiciens diplômés HES peuvent les prescrire (caractéristiques physiologiques)
Kinésithérapie / physiothérapieanalyses lifestyle : oui ; au-delà, c’est votre droit professionnel qui s’appliqueanalyses lifestyle dans le cadre de votre droit professionnelles physiothérapeutes HES peuvent les prescrire ; le risque de blessure est médical
Coaching santéanalyses lifestyle : oui ; pas d’art de guérir, pas de diagnosticsanalyses lifestyle dans le cadre de votre activité commerciale ; ne promettez pas de prévention des maladiesabsent de l’art. 40 OAGH : uniquement en collaboration avec un professionnel figurant sur la liste

Partout, la même règle s’applique : la protection de votre titre professionnel et ce qu’il vous autorise à faire relèvent de votre droit professionnel – les analyses génétiques n’y changent rien. Les détails pour chaque profession figurent dans Pour les conseillers en nutrition et diététiciens, Pour les kinésithérapeutes et Pour les coachs santé.

La limite au quotidien : cinq signaux d’alerte

Le fait qu’une analyse reste du côté lifestyle ne devient souvent clair qu’au cours de l’entretien. Face à ces signaux, le chemin mène au médecin :

Vos mots comptent aussi. Lorsqu’un rapport qualifie un gène d’« altéré », cela ne signifie pas « malade ». Si vous transformez un résultat lifestyle en risque de maladie, vous changez la finalité – et avec elle la situation juridique. Comment expliquer proprement les résultats : c’est l’objet de La consultation : expliquer les résultats ; ce que vous pouvez dire dans votre publicité, celui de Droit professionnel et publicité : titres, allégations.

Questions fréquentes

Un Heilpraktiker peut-il proposer des tests génétiques médicaux en Allemagne ?
Non. Seuls les médecins peuvent réaliser des examens génétiques diagnostiques, et seuls les médecins spécialistes en génétique humaine ou les médecins disposant d’une qualification appropriée peuvent réaliser des examens prédictifs (§ 7, alinéa 1, GenDG). Une autorisation de Heilpraktiker n’y change rien. Vous pouvez proposer des analyses lifestyle sans finalité médicale – comme élément lifestyle, jamais pour rechercher la cause de symptômes.
Quand une analyse lifestyle devient-elle médicale ?
Lorsqu’elle vise à clarifier une maladie, un trouble de la santé, un risque de maladie ou l’effet de médicaments. En Allemagne, il s’agit alors d’un examen diagnostique (§ 3, point 7, GenDG). La Suisse classe en outre expressément dans le domaine médical des thèmes comme les intolérances alimentaires, les troubles du métabolisme et un risque élevé de blessures sportives (art. 37, al. 2, OAGH).
Puis-je proposer la pharmacogénétique en Autriche ?
Les analyses purement pharmacogénétiques n’ont pas besoin d’être prescrites par un médecin en Autriche, car le § 68 GTG ne l’exige que pour les analyses de prédispositions à des maladies (types 3 et 4). Les partenaires peuvent les y proposer. C’est toutefois votre droit professionnel qui détermine si votre profession peut le faire. Et la prescription de médicaments fait partie de l’exercice de la médecine (§ 2, alinéa 2, point 7, de la loi autrichienne de 1998 sur les médecins) : les décisions d’arrêter un médicament, d’en changer ou d’en modifier la dose sont prises par le médecin traitant.
Puis-je proposer des analyses lifestyle en tant que coach en Suisse ?
Pas de manière autonome. En Suisse, les analyses lifestyle portant sur l’alimentation, le sport et le bien-être ne peuvent être prescrites que par les professionnels de la santé énumérés à l’art. 40 OAGH ; les coachs n’en font pas partie. Vous pouvez travailler avec un tel professionnel – le prélèvement a alors lieu en sa présence (art. 34, al. 3, LAGH).
Que faire si un client vient me voir avec des symptômes ?
Dans ce cas, une analyse génétique n’est pas la bonne première étape. Si une personne présente des symptômes, est malade, prend des médicaments, est enceinte ou pose des questions sur des risques de maladie, orientez-la vers un médecin. En Allemagne, une analyse génétique destinée à rechercher la cause de symptômes serait un examen diagnostique et donc réservée aux médecins.

À lire aussi: Qui peut proposer des tests génétiques ? · Guide de la pharmacogénétique · Qui peut réaliser quoi ?

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