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Guide de la pharmacogénétique

La pharmacogénétique en pharmacie : conseil, bilan de médication et droit

Vérifié par Dr Daniel Wallerstorfer, biologiste moléculaire et fondateur de Novogenia · Mis à jour le 13 octobre 2026 · Temps de lecture : 10 min

En bref

La pharmacie est l’endroit où convergent toutes les ordonnances d’une personne – ce qui en fait un lieu naturel pour la pharmacogénétique : bilan de médication, conseil et lien avec le cabinet médical. Qu’une pharmacie puisse proposer elle-même un test dépend du droit national : en Allemagne, le test est réservé aux médecins (§ 7 GenDG). En Autriche, le test purement pharmacogénétique ne nécessite pas de prescription médicale. En Suisse, les pharmaciens peuvent prescrire des analyses pharmacogénétiques à des conditions claires (art. 7 OAGH). Les décisions relatives au traitement médicamenteux sont toujours prises par le médecin traitant.

Là où convergent toutes les ordonnances

Que se passe-t-il lorsque la pharmacie prend elle-même l’initiative d’un test génétique ? Des pharmacies d’officine néerlandaises en ont précisément fait l’expérience. Chaque fois qu’une personne se présentait avec une nouvelle ordonnance pour l’un des dix médicaments sélectionnés – principalement des statines comme l’atorvastatine et la simvastatine, ainsi que des antidépresseurs –, la pharmacie proposait un test portant sur 40 variants dans 8 gènes. Le résultat, le phénotype prédit et une recommandation fondée sur les lignes directrices du DPWG néerlandais étaient transmis à la pharmacie comme au médecin.

Sur les 200 personnes testées, 90 % présentaient au moins un résultat assorti d’une recommandation actionnable. Pour 31,0 % des nouvelles prescriptions, le médicament se heurtait directement à un tel résultat – et une recommandation thérapeutique concrète suivait. Les médecins l’ont acceptée pour 88,7 % de ces patients (Bank et al., European Journal of Human Genetics, 2019).

La conclusion logique : la pharmacie est comme une gare où toutes les lignes se rejoignent. Les ordonnances du médecin de famille, du spécialiste et de l’hôpital y arrivent, de même que les médicaments sans ordonnance de l’automédication. Qui connaît ici un résultat pharmacogénétique voit des liens qu’aucun cabinet ne remarque à lui seul. Voici ce que les pharmacies apportent, ce qu’elles peuvent faire en Allemagne, en Autriche et en Suisse, et comment bien collaborer avec le cabinet médical.

Ce que les pharmaciens apportent

Votre force, c’est la vue d’ensemble. En pharmacogénétique, elle se traduit par un rôle concret :

Le suivi de l’étude néerlandaise montre à quel point les pharmacies jouent bien ce rôle de mémoire : après 2,5 ans en moyenne, le résultat figurait dans 96 % des logiciels de pharmacie et dans 68 % des logiciels des cabinets de médecine générale (van der Wouden et al., Genes, 2019). Pour la collaboration, cela signifie : la pharmacie peut être l’endroit où un résultat refait surface de manière fiable à la prochaine prescription – et le cabinet y gagne lorsqu’il enregistre le résultat tout aussi solidement.

En Allemagne, le § 129, alinéa 5e, du livre V du code social allemand (SGB V) fournit le cadre des prestations pharmaceutiques qui vont au-delà de l’information et du conseil habituels – notamment pour améliorer la sécurité et l’efficacité du traitement médicamenteux, par exemple en cas de polymédication. Si un client apporte un résultat pharmacogénétique à un tel entretien, c’est une information supplémentaire précieuse.

Ce que les pharmacies peuvent faire en Allemagne, en Autriche et en Suisse

Qu’une pharmacie puisse proposer elle-même un test pharmacogénétique dépend du droit national – et les trois pays suivent trois voies différentes. Voici la version courte ; les détails se trouvent dans Droit : qui peut proposer la pharmacogénétique ?

PaysClassificationCe que la pharmacie peut faire
Allemagneexamen génétique diagnostique (§ 3, point 7, lettre c, GenDG) ; réservé aux médecins (§ 7, al. 1, GenDG)pas de prescription de tests ; conseil, bilan de médication à partir d’un résultat apporté par le patient, orientation vers le médecin
Autrichenon mentionné au § 65 GTG ; prescription par un médecin spécialiste uniquement pour les types 3 et 4 (§ 68, al. 1, GTG)proposer des analyses purement pharmacogénétiques ; si un marqueur renseigne aussi sur une prédisposition à une maladie, les règles des types 3 et 4 s’appliquent
Suissedomaine médical (art. 19 LAGH) ; en principe les médecins (art. 20, al. 1, LAGH)prescrire des analyses pharmacogénétiques aux conditions de l’art. 7 OAGH

La Suisse en détail : c’est le seul des trois pays qui désigne explicitement les pharmaciens parmi les personnes pouvant prescrire ces analyses – avec des règles claires. Les pharmaciens habilités à exercer leur activité sous leur propre responsabilité professionnelle peuvent prescrire une analyse pharmacogénétique si :

L’art. 7 OAGH ajoute trois obligations : si l’analyse concerne un médicament soumis à prescription médicale prescrit par une autre personne qualifiée, vous consultez celle-ci au préalable. L’information et la communication du résultat ont lieu dans une zone de consultation séparée. Et le résultat est communiqué par un pharmacien habilité à prescrire l’analyse – uniquement dans la mesure où il correspond au but de l’analyse.

En comparaison : l’Allemagne réserve la prescription aux médecins. L’Autriche ne lie pas la pharmacogénétique pure à une prescription médicale. La Suisse l’ouvre explicitement aux pharmacies – avec une zone de consultation et la consultation préalable du prescripteur.

Le déroulement en pharmacie

Là où la pharmacie peut proposer elle-même le test – en Autriche et, aux conditions ci-dessus, en Suisse –, ce déroulement a fait ses preuves :

  1. Repérer le motif : une nouvelle ordonnance pour un médicament assorti d’une recommandation fondée sur les gènes, des effets indésirables, une absence d’effet ou de nombreux médicaments pris simultanément.
  2. Consulter : pour un médicament soumis à prescription, impliquer le médecin prescripteur – obligatoire en Suisse, bonne pratique ailleurs.
  3. Informer et recueillir le consentement : dans l’espace de conseil ; ce que le test montre et ne montre pas, qui reçoit le résultat, comment les données sont protégées. Pour en savoir plus : Protection des données et consentement.
  4. Prélever l’échantillon de salive : selon les instructions du kit, attribué sans ambiguïté, puis envoyé au laboratoire.
  5. Discuter du résultat : calmement et avec des mots simples, en s’en tenant aux résultats qui correspondent à la question.
  6. Transmettre au cabinet : avec le consentement, sous forme de bref signalement au médecin prescripteur.
  7. Documenter : afin que le résultat soit de nouveau visible lors de la prochaine prescription.

En Allemagne, votre rôle commence à l’étape 5 : le médecin prescrit le test, et vous travaillez avec le résultat que votre client apporte.

Au comptoir : un entretien calme et clair

Un résultat pharmacogénétique soulève des questions – et parfois des inquiétudes. Ces points aident lors de l’entretien :

Comment expliquer étape par étape le génotype, le phénotype et la recommandation : c’est ce que présente Comprendre et communiquer les résultats.

Travailler avec le cabinet médical

L’étude européenne PREPARE montre que pharmacies et cabinets peuvent y parvenir ensemble : aux côtés de 18 hôpitaux et de neuf centres de santé de proximité, 28 pharmacies d’officine de sept pays y ont participé, dont l’Autriche (Swen et al., Lancet, 2023). Les résultats de l’étude sont décrits dans Test préemptif ou réactif ?

Au quotidien, un bref signalement au cabinet, toujours structuré de la même façon, est utile :

Ainsi, le médecin a tout sous les yeux et peut décider. Comment les cabinets intègrent le résultat à leur gestion de la médication est décrit dans La pharmacogénétique au cabinet médical.

Checklist pour votre pharmacie

Questions fréquentes

Une pharmacie peut-elle proposer un test pharmacogénétique en Allemagne ?
Pas de sa propre initiative. En Allemagne, le test pharmacogénétique est un examen génétique diagnostique (§ 3, point 7, lettre c, GenDG), que seuls les médecins peuvent réaliser (§ 7, al. 1, GenDG). La pharmacie peut toutefois conseiller les patients, réaliser un bilan de médication à partir d’un résultat apporté par le patient et l’orienter vers son médecin.
Une pharmacie peut-elle proposer la pharmacogénétique en Autriche ?
Oui, pour les analyses purement pharmacogénétiques. La loi sur le génie génétique ne mentionne pas explicitement la pharmacogénétique au § 65, et le § 68, al. 1, GTG n’exige une prescription par un médecin spécialiste que pour les analyses de prédispositions à des maladies (types 3 et 4). Si un marqueur testé renseigne aussi sur une telle prédisposition, les règles prévues pour ces types s’appliquent. En Autriche aussi, les décisions relatives au traitement médicamenteux sont prises par le médecin traitant.
À quoi les pharmacies doivent-elles veiller en Suisse ?
Les pharmaciens habilités à exercer leur activité sous leur propre responsabilité professionnelle peuvent prescrire des analyses pharmacogénétiques (art. 7 OAGH) si les analyses portent sur une sélection définie de variants, si des résultats ayant une importance clinique reconnue sont attendus et si des mesures sont disponibles (art. 5, al. 2, OAGH). Si l’analyse concerne un médicament soumis à prescription médicale prescrit par une autre personne qualifiée, celle-ci est consultée au préalable. L’information et la communication du résultat ont lieu dans une zone de consultation séparée.
Puis-je changer de médicament ou modifier la dose en raison d’un résultat ?
Non. Votre contribution est un signalement bien étayé. Les décisions relatives au traitement médicamenteux – arrêt, changement de médicament ou modification de la dose – sont prises par le médecin traitant. Demandez à votre client de continuer à prendre son traitement comme prescrit en attendant, et contactez le cabinet.
Comment mon équipe et moi pouvons-nous nous préparer sur le plan professionnel ?
Les bases de ce guide constituent un bon point de départ : ce qu’est la pharmacogénétique, quels gènes comptent et comment les lignes directrices sont structurées. La NOVO Academy, gratuite, propose une conférence, « Intolérance aux médicaments », actuellement en anglais, en tchèque, en français, en portugais, en italien et en néerlandais. Pour le détail des lignes directrices, le CPIC et le DPWG sont les premières sources à consulter.

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