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Guide de la pharmacogénétique

Protection des données et consentement en pharmacogénétique : les règles en Allemagne, en Autriche et en Suisse

Vérifié par Dr Daniel Wallerstorfer, biologiste moléculaire et fondateur de Novogenia · Mis à jour le 13 octobre 2026 · Temps de lecture : 13 min

En bref

Les résultats pharmacogénétiques sont des données génétiques et, à ce titre, bénéficient d’une protection particulière au titre du RGPD (art. 4, point 13, et art. 9). En Allemagne, le consentement doit être exprès et écrit, donné au médecin responsable (§ 8 GenDG) ; le résultat est conservé dix ans puis détruit, sauf si la personne demande une conservation plus longue (§ 12). En Autriche, la GTG n’exige une confirmation écrite au titre du § 69 que pour les analyses de types 2 à 4, mais une base juridique au sens de l’art. 9 du RGPD reste nécessaire. La Suisse exige un consentement libre et exprès après une information suffisante (art. 5 LAGH) et applique sa loi fédérale sur la protection des données (LPD) au lieu du RGPD. En Allemagne et en Suisse, le résultat n’est transmis à des tiers qu’avec le consentement de la personne.

Une notice rédigée pour une seule personne

Vos gènes hérités ne changent pas. Pourtant, la loi allemande sur le diagnostic génétique impose au médecin responsable de détruire le résultat d’un examen génétique au bout de dix ans (§ 12, alinéa 1, GenDG). Sauf si la personne examinée demande, par écrit ou sous forme électronique, une conservation plus longue – le résultat n’est alors pas détruit, mais son traitement est limité.

Cette seule disposition illustre la tension avec laquelle vit la pharmacogénétique. Un résultat pharmacogénétique est comme une notice personnelle : il ne vaut pas pour une seule ordonnance, mais peut redevenir important à chaque nouvelle prescription. Il doit donc être bien protégé – tout en restant facile à retrouver lorsque le médecin en a besoin. Cet article vous montre comment concilier les deux : consentement, information, transmission, conservation et destruction en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Qui peut proposer une analyse pharmacogénétique est expliqué dans Droit : qui peut proposer la pharmacogénétique ?

RGPD : les données génétiques bénéficient d’une protection particulière

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) définit les données génétiques comme les données à caractère personnel relatives aux caractéristiques génétiques héréditaires ou acquises d’une personne physique qui donnent des informations uniques sur la physiologie ou l’état de santé de cette personne et qui résultent, notamment, d’une analyse d’un échantillon biologique (art. 4, point 13). Un résultat pharmacogénétique issu d’un échantillon de salive relève clairement de cette définition.

Le traitement de ces données est en principe interdit (art. 9, par. 1) et n’est autorisé qu’au titre de l’une des exceptions prévues à l’art. 9, par. 2. Pour la pharmacogénétique, deux d’entre elles sont les plus importantes :

En outre, les États membres peuvent maintenir ou introduire des conditions supplémentaires pour les données génétiques (art. 9, par. 4). C’est pourquoi il vaut la peine de regarder le droit national – il est souvent plus strict.

Consentement : trois pays, trois clés

Le consentement est la clé qui ouvre la porte au test. La forme que doit prendre cette clé diffère d’un pays à l’autre :

PaysCe qu’exige la loiBon à savoir
Allemagneexprès et écrit, donné au médecin responsable ; le consentement porte sur l’étendue de l’examen, sur la communication ou la destruction du résultat et sur le traitement des données génétiques (§ 8, al. 1, GenDG)révocable à tout moment, par écrit ou oralement (§ 8, al. 2) ; information préalable avec un délai de réflexion suffisant (§ 9)
Autricheconfirmation écrite après information par un médecin spécialiste uniquement pour les analyses de types 2 à 4 (§ 69 GTG) ; la GTG ne l’exige pas pour le test purement pharmacogénétiqueune base juridique au sens de l’art. 9, par. 2, du RGPD reste nécessaire, par exemple le consentement explicite
Suisseconsentement libre et exprès après une information suffisante, révocable en tout temps (art. 5 LAGH)laboratoire à l’étranger uniquement avec accord écrit (art. 29, let. d, LAGH)

En pratique : recueillez un consentement explicite et documenté dans les trois pays. La forme écrite est obligatoire en Allemagne, et en Suisse lorsque le laboratoire se trouve à l’étranger. En Autriche, un consentement documenté est le moyen le plus simple d’en apporter la preuve au sens de l’art. 7, par. 1, du RGPD.

Information : ce que votre patient doit savoir au préalable

Un consentement ne vaut que ce que vaut l’information qui le précède. La GenDG (§ 9, al. 2) et la LAGH (art. 6) énumèrent des points similaires. Pour un test pharmacogénétique, en termes simples :

En Allemagne, le médecin responsable documente le contenu de l’information avant l’examen (§ 9, al. 3, GenDG). S’y ajoutent les obligations générales d’information prévues à l’art. 13 du RGPD, ou à l’art. 19 LPD en Suisse.

Qui peut voir le résultat – et comment il parvient jusqu’à la prochaine prescription

Un résultat pharmacogénétique montre sa valeur là où l’on prescrit. Les lois encadrent strictement précisément ce chemin :

En pratique : demandez, lors du recueil du consentement, si le résultat peut être transmis à d’autres médecins traitants ou à la pharmacie habituelle du patient, et consignez la réponse. Remettez aussi à votre patient une synthèse compréhensible afin qu’il puisse évoquer son résultat lors de la prochaine prescription. Comment bien le faire : c’est ce qu’explique Comprendre et communiquer les résultats.

Conservation et destruction : ce qu’il advient du résultat et de l’échantillon de salive

Le RGPD fixe le cadre : les données ne peuvent être conservées sous une forme permettant l’identification que le temps nécessaire à la finalité (art. 5, par. 1, point e) et ne doivent pas être traitées ultérieurement d’une manière incompatible avec celle-ci (art. 5, par. 1, point b). L’Allemagne et la Suisse vont plus loin dans le détail :

PaysRésultatÉchantillon de salive
Allemagneconserver pendant dix ans, puis détruire ; à la demande de la personne, formulée par écrit ou sous forme électronique, limiter le traitement à la place ; détruire plus tôt si la personne l’a décidé ou a retiré son consentement (§ 12, al. 1, GenDG) ; s’applique par analogie au laboratoire (§ 12, al. 2)uniquement pour la finalité initiale ; détruire sans délai dès qu’il n’est plus nécessaire ou que le consentement est retiré ; autres finalités uniquement avec un consentement exprès et écrit (§ 13 GenDG)
Suisseuniquement aussi longtemps que nécessaire pour l’analyse, y compris l’assurance qualité, pour une autre utilisation ou pour l’exécution de prescriptions cantonales sur la tenue des dossiers des patients (art. 11, al. 1, LAGH)même règle ; autre utilisation uniquement avec consentement, sous forme anonymisée uniquement après information et en l’absence d’opposition (art. 12 LAGH)

La GTG autrichienne ne fixe pas de durée de conservation propre pour les analyses génétiques. Le principe de limitation de la conservation du RGPD s’applique.

Conseil pour la pharmacogénétique : comme un résultat peut redevenir important lors de prescriptions ultérieures, discutez avec votre patient de l’opportunité de demander une conservation plus longue en Allemagne (§ 12, al. 1, GenDG) – et documentez sa décision.

Suisse : la LPD au lieu du RGPD

Pour le traitement des données génétiques, la LAGH renvoie aux dispositions fédérales et cantonales en matière de protection des données (art. 10, al. 2). Les personnes privées – y compris les cabinets et les pharmacies – relèvent de la loi fédérale sur la protection des données (LPD) (art. 2, al. 1, let. a). Vous en connaissez les idées clés par le RGPD ; les détails diffèrent :

Checklist : protection des données et consentement en pharmacogénétique

Questions fréquentes

Un consentement oral suffit-il en pharmacogénétique ?
Pas en Allemagne : le consentement est donné de manière expresse et par écrit au médecin responsable (§ 8, al. 1, GenDG). En Suisse, le consentement doit être libre et exprès (art. 5 LAGH), et le recours à un laboratoire à l’étranger exige un accord écrit (art. 29 LAGH). En Autriche, la GTG n’exige pas de confirmation écrite pour le test purement pharmacogénétique, mais vous devez être en mesure de démontrer le consentement au sens du RGPD (art. 7, par. 1). Un consentement documenté est donc partout la voie la plus sûre.
Puis-je transmettre le résultat au médecin de famille ou à la pharmacie ?
En Allemagne, le médecin responsable ne peut communiquer le résultat à des tiers qu’avec le consentement exprès de la personne examinée, donné par écrit ou sous forme électronique (§ 11, al. 3, GenDG). En Suisse, la personne concernée doit y avoir consenti (art. 7, al. 2, LAGH). En Autriche, pour les analyses au sens de la GTG, le § 71, al. 2, autorise la transmission au médecin prescripteur et au médecin traitant, et à d’autres personnes uniquement avec un consentement exprès et écrit. Le mieux est de poser la question lors du recueil du consentement.
Combien de temps un résultat pharmacogénétique est-il conservé ?
En Allemagne, le médecin responsable conserve le résultat pendant dix ans, puis le détruit. Si la personne demande une conservation plus longue, par écrit ou sous forme électronique, le traitement du résultat est limité au lieu d’être détruit (§ 12, al. 1, GenDG). En Suisse, les données ne peuvent être conservées qu’aussi longtemps que nécessaire, par exemple pour l’analyse, une autre utilisation convenue ou l’exécution de prescriptions cantonales sur la tenue des dossiers des patients (art. 11, al. 1, LAGH).
Qu’advient-il de l’échantillon de salive après l’analyse ?
En Allemagne, l’échantillon ne peut être utilisé qu’aux fins pour lesquelles il a été prélevé et doit être détruit sans délai dès qu’il n’est plus nécessaire ou que le consentement a été retiré (§ 13, al. 1, GenDG). Toute autre finalité exige un consentement exprès et écrit (§ 13, al. 2). En Suisse, les échantillons suivent la même règle de conservation que les données (art. 11 LAGH), et leur utilisation à une autre fin requiert un consentement (art. 12 LAGH).
Le RGPD s’applique-t-il en Suisse ?
Non, la Suisse dispose de sa propre loi fédérale sur la protection des données (LPD). Les données génétiques y sont des données personnelles sensibles (art. 5, let. c, ch. 3, LPD) ; lorsque le consentement est requis, il doit être exprès (art. 6, al. 7). Les données peuvent être communiquées à des États disposant d’un niveau de protection adéquat – l’Autriche et l’Allemagne figurent sur la liste de l’annexe 1 de l’ordonnance sur la protection des données – et la personne est informée de l’État concerné (art. 19, al. 4, LPD).

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