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Guide de la nutrigénétique

Données génétiques et RGPD : ce que vous devez savoir dans votre pratique

Vérifié par Dr Daniel Wallerstorfer, biologiste moléculaire et fondateur de Novogenia · Mis à jour le 12 octobre 2026 · Temps de lecture : 14 min

En bref

Au sens du RGPD, les données génétiques constituent une catégorie particulière de données à caractère personnel (art. 4, point 13, et art. 9). Leur traitement est en principe interdit – il devient licite, par exemple, avec un consentement explicite pour des finalités spécifiques. Avant de commencer, clarifiez qui est responsable du traitement et qui est sous-traitant, informez pleinement vos clients (art. 13), ne traitez que ce dont vous avez réellement besoin et supprimez ce dont vous n’avez plus besoin. En Allemagne, en Autriche et en Suisse, les employeurs ne peuvent en principe ni demander ni utiliser les résultats génétiques de leurs salariés.

Un mot de passe que vous ne pourrez jamais changer : pourquoi les données génétiques sont particulières

Si votre mot de passe est volé, vous le changez. Vos gènes, vous ne pouvez pas les changer. Ils vous accompagnent toute votre vie – et révèlent quelque chose de vos parents, de vos frères et sœurs et de vos enfants. C’est pourquoi le droit de la protection des données les protège avec autant de soin.

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) définit les données génétiques comme les données à caractère personnel relatives aux caractéristiques génétiques héréditaires ou acquises d’une personne, qui donnent des informations uniques sur sa physiologie ou son état de santé et qui résultent, notamment, de l’analyse d’un échantillon biologique (art. 4, point 13). Un échantillon de salive destiné à une analyse nutritionnelle en relève clairement – que l’analyse soit médicale ou non.

Les données génétiques constituent une catégorie particulière de données à caractère personnel. Leur traitement est interdit (art. 9, par. 1), sauf si l’une des exceptions prévues à l’art. 9, par. 2, s’applique. Pour une analyse génétique dans le cadre du conseil nutritionnel, la principale option est le consentement explicite. Les États membres peuvent en outre introduire des conditions supplémentaires pour les données génétiques (art. 9, par. 4) – c’est pourquoi l’Allemagne et l’Autriche ont en partie leurs propres règles. La Suisse dispose de sa propre loi ; nous y revenons plus bas.

Le consentement est la clé qui ouvre la porte au traitement. Pour les données génétiques, il doit être explicite et porter sur une ou plusieurs finalités spécifiques (art. 9, par. 2, point a). Et votre client peut reprendre la clé à tout moment. Ce qui compte :

Les règles nationales y ajoutent d’autres exigences. Pour les examens génétiques à des fins médicales, l’Allemagne exige un consentement exprès et écrit donné au médecin responsable (§ 8 GenDG). En Suisse, toute analyse génétique requiert un consentement libre et exprès, donné après une information suffisante (art. 5 LAGH). En Autriche, les données issues d’analyses génétiques au sens de la GTG ne peuvent être transmises à d’autres personnes que celles énumérées par la loi qu’avec le consentement exprès et écrit de la personne analysée (§ 71, al. 2, GTG).

Pas de surprises : ce que vos clients doivent savoir d’abord

La transparence est une obligation, et non une affaire de petits caractères. Lorsque vous collectez des données, vous indiquez à votre client à ce moment-là, entre autres (art. 13 du RGPD) :

Les informations doivent être fournies d’une façon concise, transparente, compréhensible et aisément accessible, en des termes clairs et simples (art. 12, par. 1). En Suisse, l’art. 32 LAGH ajoute des obligations d’information écrite pour les analyses en dehors du domaine médical, par exemple l’indication du laboratoire ainsi que des entreprises et laboratoires à l’étranger impliqués.

Maître d’ouvrage ou entrepreneur ? Qui joue quel rôle entre conseiller et laboratoire

Une analyse génétique implique au moins deux acteurs : vous et le laboratoire. Le RGPD pose la question : qui décide des finalités et des moyens du traitement ? C’est le responsable du traitement – comme le maître d’ouvrage d’un chantier, qui décide de ce qui est construit (art. 4, point 7). Celui qui traite des données pour le compte du responsable du traitement est un sous-traitant – comme l’entrepreneur qui construit selon les plans (art. 4, point 8). Si deux parties déterminent conjointement les finalités et les moyens, elles sont responsables conjointes du traitement (art. 26).

Les rôles découlent de ce qui se passe réellement, et non de l’intitulé du contrat : selon les lignes directrices 07/2020 du CEPD, les notions sont fonctionnelles et répartissent les responsabilités selon le rôle réel des parties.

RôleComment le reconnaîtreCe qu’exige le RGPD
Responsable du traitementDécide des finalités et des moyens du traitement (art. 4, point 7)Informe les personnes concernées, garantit leurs droits, assure la sécurité et tient un registre des activités de traitement (art. 13, 15–21, 30, 32)
Sous-traitantTraite les données pour le compte du responsable du traitement (art. 4, point 8)Contrat définissant l’objet, la durée, la nature et la finalité du traitement, le type de données et les catégories de personnes concernées (art. 28, par. 3) ; autres sous-traitants uniquement avec autorisation (art. 28, par. 2)
Responsables conjoints du traitementDéterminent conjointement les finalités et les moyens (art. 26, par. 1)Accord précisant qui remplit quelles obligations, notamment en matière de droits des personnes concernées et d’obligations d’information

Conseil pratique : convenez par écrit avec votre laboratoire de qui a quel rôle et quelle obligation avant l’envoi du premier échantillon – en particulier de qui informe vos clients conformément à l’art. 13 et de qui répond aux demandes d’accès ou d’effacement.

Comme pour une randonnée en montagne : n’emportez que l’essentiel

Préparez vos données comme un sac à dos pour une randonnée en montagne : ce dont vous n’avez pas besoin reste à la maison. Le RGPD appelle cela la minimisation des données – les données doivent être adéquates, pertinentes et limitées à ce qui est nécessaire au regard de la finalité (art. 5, par. 1, point c). Et elles ne peuvent être conservées sous une forme permettant l’identification que pendant la durée nécessaire à la finalité (limitation de la conservation, art. 5, par. 1, point e).

Pour certains cas, la loi fixe des délais. En Allemagne, le médecin responsable conserve les résultats des examens génétiques à des fins médicales pendant dix ans, puis les détruit (§ 12 GenDG). En Suisse, les échantillons et les données issus d’autres analyses au sens de l’art. 31, al. 2, LAGH doivent être détruits au plus tard deux ans après la réalisation de l’analyse, à moins que la personne concernée ait consenti à une autre utilisation ou ne se soit pas opposée à une anonymisation (art. 11, al. 2, LAGH).

Les droits de vos clients

Vos clients gardent le contrôle. Leurs principaux droits au titre du RGPD :

Vous répondez aux demandes dans les meilleurs délais et en tout état de cause dans un délai d’un mois ; pour les cas complexes, ce délai peut être prolongé de deux mois (art. 12, par. 3). S’y ajoute un droit qui n’existe que dans le droit de la génétique : le droit de ne pas savoir. En Suisse, toute personne peut refuser que tout ou partie des informations relatives à son patrimoine génétique lui soit communiquée (art. 8 LAGH). En Allemagne, ce droit fait partie de l’information donnée pour les examens à des fins médicales (§ 9, al. 2, point 5, GenDG) ; en Autriche, il fait partie du conseil pour les analyses de types 2 à 4 (§ 69, al. 5, GTG).

Programmes de santé en entreprise : l’employeur reste à l’écart

Si vous proposez des analyses génétiques en entreprise, il vous faut un mur solide entre les résultats et l’employeur. La loi construit ce mur dans les trois pays :

Concevez donc une telle offre de manière que la participation reste volontaire, que les résultats ne soient remis qu’au salarié et que l’employeur ne reçoive aucun résultat individuel. Le consentement doit être donné librement (art. 4, point 11, du RGPD) – dans un contexte professionnel, ce point mérite une attention particulière.

Suisse : la LPD au lieu du RGPD

La Suisse n’est pas membre de l’UE. Pour le traitement des données génétiques, l’art. 10, al. 2, LAGH renvoie aux dispositions fédérales et cantonales en matière de protection des données. Pour les personnes privées – y compris dans votre activité de conseil – il s’agit de la loi fédérale sur la protection des données (LPD, en allemand DSG) révisée, en vigueur depuis le 1er septembre 2023 (art. 2, al. 1, let. a, LPD). Les idées fondamentales correspondent à celles du RGPD ; les détails diffèrent :

Checklist : la protection des données dans votre pratique

Questions fréquentes

Les résultats d’une analyse génétique nutritionnelle sont-ils des données génétiques au sens du RGPD ?
Oui. Le RGPD définit les données génétiques comme les données à caractère personnel relatives aux caractéristiques génétiques héréditaires ou acquises d’une personne, qui donnent des informations uniques sur sa physiologie ou son état de santé et qui résultent, notamment, de l’analyse d’un échantillon biologique (art. 4, point 13). Que l’analyse soit médicale ou non ne change rien.
Une case à cocher dans le bon de commande suffit-elle pour le consentement ?
Une case cochée par défaut ne suffit pas (considérant 32 du RGPD). Les données génétiques exigent un consentement explicite pour des finalités spécifiques (art. 9, par. 2, point a). Selon les lignes directrices 05/2020 du CEPD, en ligne, celui-ci peut être donné par exemple en remplissant un formulaire électronique, en envoyant un e-mail, en téléversant un document signé ou en utilisant une signature électronique. Vous devez être en mesure de démontrer le consentement (art. 7, par. 1).
Suis-je responsable du traitement ou sous-traitant ?
Cela dépend de qui décide réellement des finalités et des moyens du traitement (art. 4, points 7 et 8, du RGPD). Dans ses lignes directrices 07/2020, le CEPD souligne que les rôles sont déterminés par les activités réelles, et non par l’intitulé du contrat. Clarifiez les rôles par écrit avec votre laboratoire avant l’envoi du premier échantillon.
Dois-je voir les rapports génétiques de mes clients ?
Le RGPD exige que les données soient limitées à ce qui est nécessaire au regard de la finalité (art. 5, par. 1, point c). Le fait que vous ayez besoin d’un rapport dépend de votre accompagnement. Chez Novogenia, vous décidez vous-même si vous consultez les rapports de vos clients.
L’employeur peut-il connaître les résultats dans le cadre d’un programme de santé en entreprise ?
Non. En Allemagne, l’employeur ne peut ni exiger, ni recevoir, ni utiliser les résultats d’examens génétiques (§ 19 GenDG) ; en Autriche, il est interdit aux employeurs de les recueillir, de les demander, de les accepter ou de les utiliser (§ 67 GTG) ; et en Suisse, les employeurs ne peuvent ni demander ni utiliser des données génétiques non pertinentes du point de vue médical (art. 37 LAGH).

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