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Des données génétiques à la formule : comment un génotype modifie une dose

Vérifié par Dr Daniel Wallerstorfer, biologiste moléculaire et fondateur de Novogenia · Mis à jour le 13 octobre 2026 · Temps de lecture : 11 min

En bref

Les gènes montrent comment un organisme traite les nutriments – pour toute la vie. Chez Novogenia, environ 50 gènes, chacun avec trois génotypes possibles, entrent dans une formule, avec l’âge, le sexe, le poids corporel, un questionnaire sur l’alimentation et le mode de vie et, lorsqu’elles sont disponibles, les valeurs sanguines, qui priment. Un gène altéré déplace le besoin calculé à l’intérieur d’une fenêtre fixe, par exemple pour les folates ou la vitamine D. Chaque gène est étayé par au moins trois études indépendantes ; les doses qui en découlent sont des conclusions logiques.

L’acide folique a besoin d’un interrupteur

L’acide folique des compléments alimentaires est un précurseur. Avant que les cellules puissent l’utiliser, l’organisme le transforme – jusqu’au méthylfolate, la forme qui circule principalement dans le sang. L’une des étapes décisives est assurée par un outil dont le plan de construction se trouve dans le gène MTHFR. Imaginez-le comme un interrupteur : l’acide folique est la lampe, et MTHFR l’allume.

En 1995, des chercheurs ont décrit une modification fréquente de ce gène : environ 38 % des copies du gène examinées la portaient. Le variant s’accompagnait d’une activité réduite de l’outil, et les personnes porteuses de deux copies altérées présentaient des taux d’homocystéine nettement plus élevés dans le sang – l’homocystéine est une substance que l’organisme transforme ensuite à l’aide des folates actifs (Frosst et al., Nature Genetics, 1995).

Vingt ans plus tard, une méta-analyse a montré l’effet directement sur le statut en folates : chez des femmes en bonne santé porteuses de deux copies altérées du variant MTHFR 677C>T, le taux de folates était inférieur de 13 % dans le sérum ou le plasma et de 16 % dans les globules rouges par rapport aux femmes porteuses de deux copies fonctionnelles – mesuré avec la méthode microbiologique recommandée (Tsang et al., American Journal of Clinical Nutrition, 2015).

C’est le pont entre les gènes et la formule : un génotype modifie le statut en nutriments de façon mesurable. La conclusion logique : toute personne porteuse de deux copies altérées de MTHFR a de bonnes raisons de veiller à un bon apport en folates. Dans le calcul, cela se traduit par un besoin plus élevé – dans quelle mesure dépend de l’image d’ensemble fournie par toutes les données.

Trois façons dont les gènes modifient les besoins

Les rapports de Novogenia qualifient délibérément les gènes simplement de « fonctionnels » ou d’« altérés ». C’est une simplification ; les termes techniques sont variants génétiques ou polymorphismes. Un gène altéré peut agir de trois façons :

EffetCe qui se passe dans l’organismeExemples
Conversion ralentieL’organisme transforme plus lentement un nutriment en sa forme active.Folates, coenzyme Q10
Bénéfice inverséUne substance par ailleurs bénéfique devient défavorable pour cette personne.Fer, oméga-3
Besoin plus élevéIl en faut davantage pour qu’un nutriment produise pleinement son effet.Sélénium, vitamine D3

La deuxième voie montre pourquoi la personnalisation fonctionne dans les deux sens : parfois, la meilleure réponse à un gène est moins, et non plus. La troisième voie s’observe particulièrement bien dans le sang – avec l’exemple de la vitamine D.

Même dose, effet différent : la vitamine D

Dans un essai randomisé contrôlé portant sur 1 787 adultes en bonne santé aux États-Unis, une partie des participants a reçu 1 000 UI de vitamine D3 par jour pendant un an. Sous vitamine D3, le taux de vitamine D a augmenté en moyenne de 6,1 ng/mL. Mais derrière la moyenne se cachait la génétique : l’ampleur de l’augmentation dépendait de variants situés à proximité des gènes CYP2R1, CYP24A1 et VDR (Barry et al., Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, 2014).

Ces trois gènes se situent à des points décisifs : CYP2R1 aide à convertir la vitamine D en sa forme de stockage, CYP24A1 la dégrade à nouveau, et VDR est le site d’ancrage dans les cellules – la vitamine D est la clé, le récepteur est la serrure. Si l’un de ces outils fonctionne différemment, il peut falloir davantage de vitamine D pour atteindre le même taux.

La conclusion logique : une même dose ne mène pas tout le monde aussi loin. Les gènes qui augmentent les besoins entrent donc dans le calcul sous forme de besoin plus élevé. Et c’est là que gènes et valeurs sanguines se complètent bien : les gènes donnent la direction, une valeur mesurée montre où en est une personne aujourd’hui – et prime pour son nutriment. Le fonctionnement détaillé est présenté dans Des valeurs sanguines à la formule.

Environ 50 gènes, trois génotypes, un questionnaire

Chez Novogenia, environ 50 gènes entrent dans une formule, chacun avec trois génotypes possibles : deux copies fonctionnelles, une copie fonctionnelle et une copie altérée, ou deux copies altérées. Mathématiquement, cela donne 700 trilliards de profils génétiques possibles.

Un gène n’est retenu dans l’analyse que si au moins trois études indépendantes étayent son effet. Chaque variant est pondéré sur la base de la littérature scientifique et des revues de littérature propres à Novogenia, basées sur PubMed ; les marqueurs dont les preuves sont plus faibles sont pondérés de manière plus prudente.

Mais les gènes ne sont qu’une partie du tableau. S’y ajoutent le sexe, l’âge et le poids corporel, ainsi qu’un questionnaire portant notamment sur la consommation de fruits et de légumes, les produits laitiers, une alimentation végane ou végétarienne, le tabac, l’alcool, l’exposition au soleil et l’entraînement. Le questionnaire est la partie qui évolue avec la vie : quiconque passe à une alimentation végane ou s’entraîne davantage le met à jour – les gènes, eux, restent les mêmes.

Comment un génotype modifie la dose

La pondération génétique suit des règles claires. Voici comment les gènes et les autres données s’imbriquent :

SituationCe que fait l’algorithme
risque génétique maximal pour un nutrimentconduit à la dose maximale de ce nutriment
problème génétique inférieur à la moyenneconduit à une dose inférieure à la moyenne
marqueur dont les preuves sont plus faiblesest pondéré de manière plus prudente
plusieurs domaines de l’analyse concernent le même nutrimentc’est le besoin le plus élevé qui prévaut
une valeur sanguine existela valeur mesurée prime pour ce nutriment
besoin calculé en dehors de la fenêtreest porté au minimum ou ramené au maximum

Il en découle une règle que vous devriez aussi expliquer à vos clients : une dose ne peut jamais être attribuée à un seul gène. Une affirmation de la forme « le gène X donne le nutriment Y à la dose Z » serait incorrecte – c’est pourquoi nous ne publions pas d’affirmations de ce type. MTHFR seul ne fixe donc jamais une dose de folates ; il est une voix parmi beaucoup d’autres. Le calcul complet en sept étapes est présenté dans Comment une formule nutritionnelle personnalisée est calculée.

Vos données : données brutes ou nouvel échantillon de salive

En tant qu’entreprise de tests ADN, laboratoire de génétique ou plateforme disposant de données de génotypage, vous avez deux voies :

Deux points sont à régler dès le départ. Premièrement, la finalité : la formule utilise des caractéristiques génétiques liées à l’alimentation et aux nutriments. Les analyses médicales relèvent du médecin partout où la législation nationale l’exige. Deuxièmement, le pays : en Suisse, les analyses génétiques portant sur des caractéristiques particulièrement sensibles comme l’alimentation ne peuvent être prescrites que par certains professionnels de la santé, et le prélèvement doit être effectué en leur présence (art. 34 de la loi fédérale sur l’analyse génétique humaine, LAGH). En Allemagne et en Autriche, en revanche, presque tout dépend de la question de savoir si une analyse est médicale ; la comparaison par pays se trouve dans Qui peut proposer des tests génétiques ?

La façon dont les données brutes sont transmises techniquement est traitée dans Intégration des données : données brutes, interfaces, formats. Et comme les données génétiques sont spécialement protégées par le RGPD, le consentement pour la nouvelle finalité fait partie de la mise en place – pour en savoir plus : Protection des données et rôles entre laboratoire et fabricant.

Ce que la recherche étaye

Les éléments du calcul sont scientifiquement fondés : les valeurs de référence établies (D-A-CH, EFSA), la littérature scientifique sur chaque variant génétique et les évaluations de sécurité de l’EFSA. Les exemples des folates et de la vitamine D montrent à quel point les gènes façonnent concrètement le statut en nutriments et la réponse à l’apport.

Une étude interne sur l’alimentation montre également que des recommandations fondées sur les gènes peuvent faire une réelle différence au quotidien : dans une étude interne de Novogenia portant sur 302 personnes, les participants suivant un régime fondé sur les gènes ont perdu environ 2,4 fois plus de poids qu’avec un régime standard (Notre approche scientifique expliquée). L’étude porte sur un régime, et non sur un complément alimentaire – mais elle étaye l’idée centrale : une recommandation adaptée aux gènes d’une personne peut obtenir davantage qu’une recommandation conçue pour la moyenne.

Pour le produit combiné fini, entièrement personnalisé, il n’existe pas encore de grands essais randomisés ; la recherche évolue. C’est pourquoi la règle est la suivante : les caractéristiques génétiques sont bien documentées, et les doses qui en découlent sont des conclusions logiques, non prouvées scientifiquement.

Comment l’expliquer à vos clients

La manière dont la dose est finalement plafonnée – avec les apports maximaux tolérables de l’EFSA, les quantités maximales nationales et les spécificités de la Suisse – est présentée dans Dosage et sécurité : limites et règles.

Questions fréquentes

Combien de gènes entrent dans une formule personnalisée ?
Chez Novogenia, environ 50 gènes, chacun avec trois génotypes possibles. Mathématiquement, cela donne 700 trilliards de profils génétiques possibles. S’y ajoutent l’âge, le sexe, le poids corporel, un questionnaire sur l’alimentation et le mode de vie et, lorsqu’elles sont disponibles, les valeurs sanguines.
Pouvons-nous utiliser les données génétiques que nous détenons déjà ?
Oui, si elles sont exploitables : des données brutes de génotypage, un panel SNP, des résultats de tests génétiques ou une base de données entière peuvent être interprétés. La couverture des gènes nécessaires par votre panel et les modalités de transmission des données sont clarifiées dans le cadre du projet. Si des données manquent, un nouvel échantillon de salive est possible.
Un seul gène détermine-t-il la dose d’un nutriment ?
Non. La plupart des nutriments dépendent de plusieurs domaines de l’analyse, et c’est le besoin le plus élevé qui prévaut. S’y ajoutent les données corporelles, le questionnaire et les valeurs sanguines. Une affirmation de la forme « le gène X donne le nutriment Y à la dose Z » serait donc incorrecte.
Quelle est la solidité des doses fondées sur les gènes ?
Les caractéristiques génétiques sont bien documentées : chaque gène est étayé par au moins trois études indépendantes. Les doses qui en découlent sont des conclusions logiques, non prouvées scientifiquement. Communiquez-les donc comme une formule calculée de manière transparente, et non comme une promesse de santé.
Qu’est-ce qui s’applique en Suisse aux tests génétiques liés à l’alimentation ?
En Suisse, les analyses génétiques portant sur des caractéristiques particulièrement sensibles comme l’alimentation ne peuvent être prescrites que par certains professionnels de la santé, et le prélèvement doit être effectué en leur présence (art. 34 LAGH). Prévoyez-le dès le départ pour vos clients en Suisse.

À lire aussi: Des valeurs sanguines à la formule · Des données SNP à la formule · Du profil génétique aux compléments personnalisés

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